17 janvier 2018

Turquie/Allemagne : l’Histoire en héritage

avec Gérard GROC

La relation établie entre la Turquie et l’Allemagne – que ces deux entités soient impériales ou républicaines – est plus récente que celle existant avec d’autres partenaires européens, mais elle a ceci de particulier qu’elle est au départ une relation indirecte, une alliance d’appoint relevant au premier chef de considérations stratégiques et géopolitiques, que viennent compléter puis transformer des liens plus étroits économiques puis surtout sociaux – avec l’émigration turque vers l’Allemagne – au point de créer des interpénétrations entre ces deux sociétés, lesquelles vont faire de cette relation un facteur d’équilibre ou de déséquilibre interne à chacun des deux pays.
Après la chute du mur de Berlin, la sédentarisation progressive de populations turques en Allemagne, dont une part croissante est désormais détentrice de la nationalité allemande, fait que tout ce qui agite la situation intérieure d’un des deux pays a un écho immédiat chez l’autre.
La tendance actuelle du gouvernement d’Erdogan à se démarquer de plus en plus de l’Europe voire de l’occidentalisation contribue actuellement, à travers ses multiples épisodes, à une fragilisation de cette relation bilatérale qui a bien sûr aussi des résonances européennes.

Pour nous permettre d’approcher ce sujet sensible de l’histoire du XXIe siècle mais déjà brûlant au XXe siècle, le Café d’Histoire d’Aix a choisi de commencer l’année 2018 avec Gérard GROC, chargé de cours à l’IEP d’Aix-en-Provence, turcologue et chercheur associé à l’IREMAN.