24 avril 2019

Une histoire de la sécularisation

Blandine CHELINI
Professeur des Universités en histoire contemporaine, Aix-Marseille Université

Le retour du religieux est un thème récurrent dans la presse. Après un profond affaiblissement au cours du XXe siècle, les religions auraient repris de l’importance et de la vigueur, après la fin de la guerre froide.
La visibilité du fondamentalisme musulman et les nouveaux enjeux géopolitiques apparus après le 11 septembre 2001 expliquent, pour une large part, cette vision d’un retour de la foi au début du XXIe siècle. Dans le même temps, le christianisme doit s’adapter à la montée en puissance du mouvement évangélique.
Mais cette vigueur retrouvée du religieux est-elle aussi assurée que l’on a pris l’habitude de le croire ? En réalité, la sécularisation des sociétés est un mouvement discret mais bien réel. La pratique religieuse et les convictions des fidèles reculent discrètement mais inexorablement dans le monde entier.
La baisse d’influence des religions dans les sociétés a été bien étudiée pour la situation particulière de l’Église catholique.  Mais le désenchantement du monde et la rationalité se développent aujourd’hui dans l’ensemble des sociétés, d’une planète à la culture mondialisée. Le conformisme social qui rattachait traditionnellement l’individu au religieux fonctionne de moins en moins face à la culture internet qui vient offrir d’autres modèles et d’autres choix personnels.

Pour parler de l’histoire de la sécularisation, le café d’histoire invite Blandine Chelini-Pont, professeur d’université en histoire contemporaine à Aix Marseille Université, spécialiste de l’histoire des religions.