8 février 2017 

Formation de l’État grec : une affaire européenne ?

avec Gilles Gavelle

S’agissant de la dette ou plus généralement de la crise grecque, beaucoup de commentateurs présentent les Grecs comme des victimes ou des coupables, tendant à cibler une population qui porterait génétiquement en elle la fraude, l’incivisme, ou l’irresponsabilité. En conséquence de quoi, le contrôle international de ses finances a été mis en oeuvre.

Or, lors de la formation de l’Etat grec de 1821 à 1832, deux faits majeurs se sont produits :
– l’espérance républicaine a débouché sur une monarchie autoritaire parachutée par les grandes puissances,
– les conditions féroces des emprunts que les prêteurs anglais et français ont imposées à la Grèce ont compromis durablement son développement économique.

Cette double pression, sur l’Etat et sur l’économie, qui se prolonge jusqu’à nos jours, aide à comprendre bien des événements postérieurs et beaucoup de nos représentations actuelles.
Faire état, posément, des circonstances dans lesquelles sont nés, simultanément, un Etat et une nation et examiner le rôle des «bonnes fées» européennes et russes autour du berceau, va nous permettre de considérer avec plus de retenue l’évolution historique et la situation présente.

Pour nous éclairer sur ce sujet, le Café d’Histoire d’Aix a fait appel à Gilles Gavelle, Professeur agrégé de Lettres classiques dont un certain nombre de travaux ont été présentés aux formations MAFPEN des académies d’Aix et de Clermont-Ferrand et à l’Institut du temps libre (ITL).