8 mars 2017

L’histoire des sociétés a une géographie

avec Christian Grataloup

L’humanité est unique, mais il y a bien des formes de sociétés. On ne questionne pas assez ce singulier pluriel, son origine et ses effets. Il est pourtant fondateur des conditions géographiques de l’historicité des sociétés. La diversité est géographique dans tous les sens : relations au territoire, interrelations avec les sociétés voisines, degré de connexion (ou de déconnexion) avec les « mondes » qui composent l’humanité : on a, pour partie, l’histoire de ses voisins (et réciproquement), donc, un peu, l’histoire des voisins de ses voisins… Situer, au sens fort du mot, l’histoire d’une société, c’est tenir compte des jeux d’échelles : diffusions des innovations, invasions, pandémies, positions d’écart ou de carrefour… Simultanément, la situation d’une société a une histoire. Prendre en compte la géographie du temps social en même temps que l’histoire du territoire et des espaces dans lesquels il est situé, peut s’appeler « géohistoire ».

A partir de quelques pistes géohistoriques (pourquoi ici des empires et là des mondes polycentriques ? pourquoi certaines capitales sont décalées vers les limites de leurs territoires ? pourquoi le sous-développement a-t-il plus frappé les régions tropicales ?…), on pourra esquisser une opposition entre le mondial et l’international qui rassemblent et divisent aujourd’hui l’humanité. Au moment où les questions scalaires (fermer ou non ses frontières, s’associer ou se replier, être soi et/ou intégrer des « autres ») sont devenues l’enjeu majeur des débats des sociétés démocratiques, la combinaison de la géographie et de l’histoire n’est pas inutile.

Pour nous éclairer sur ce nouveau thème jamais abordé par le Café d’Histoire d’Aix Christian Grataloup, professeur émérite de l’Université Denis-Diderot et l’équipe du Café d’Histoire vous donnent  rendez-vous mercredi 8 mars à 18h30 à la Brasserie « Les 2G » 53 Cours Mirabeau à Aix-en-Provence bien entendu.